La représentation de la ville dans La ville aux yeux d’or de Keltoum Staali
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Date
2022
Authors
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Publisher
Université Mouloud Mammeri
Abstract
Poétesse confirme, l’autrice parsème son texte qui mêle fiction et réalité d’images et de
sonorités au point où le verbe s’y érige en personnage principal et non seulement un
élément de décor. Elle trace le chemin, étale des panneaux indicateurs, indique le trajet
mais bifurque aussitôt, laissant le lecteur non pas égaré, encore moins désemparé, mais
curieux de ce qui l’attend au prochain tournant, c’est-à-dire au prochain paragraphe. Elle y
déclare son amour indéfectible pour sa ville de coeur, Alger, la capitale de l’Algérie en
allant au-delà des poncifs et des clichés des cartes postales.
Le roman a ceci de distinctif qu’il a pour seul héros cette «Ville aux yeux d’or», titre
emprunté à une formule de Sadek Aissat, après un passage du bleu à l’or. Elle a tenu à le
dire lors d’une escale du livre, un émouvant et poignant éloge funèbre, même s’il ne se
présente pas comme tel, dédié à l’amour décédé, ami du premier nommé. Le seul autre
personnage du livre dont on ne peut se tromper de l’identité, tout simplement parce qu’elle
est déclinée, est celle de Nabile Farès, autour d’un couscous. Par moments, mais d’aucuns
y trouveront peut-être un charme, on peut regretter le versant melting-pot, presque fourretout
de ce livre.
Avec le tout petit frère mort, en regardant Darwich s’encanaillant dans un boui-boui avec
Mohamed, l’ex «retrouvaillé», ou auprès de la parente à l’agonie, le lecteur abandonne sa
propension à se transformer en fin limier triant l’écheveau de ce qui est vrai et ce qui l’est
moins. Le lecteur, au fil des pages de «La ville aux yeux d’or» a mieux à faire que camper
le rôle de flic littéraire : jouir du compagnonnage fertile avec le véritable personnage
principal de ce livre pas comme les autres, qui est l’écriture, saupoudrée de métaphores
toutes plus flamboyantes les unes que les autres, mais sans effet de manche.
Keltoum Staali, ou son double, Meryem, on ne sait plus, partage avec pudeur les
tiraillements d’exil entre deux pays et entre deux langues, et s’élève au-dessus de la
tentation de la jérémiade en faisant osmose avec le lecteur dans l’admiration de la ville en
cascade et de la mer, omniprésente casaque de soie bleue qui enveloppe Alger et dont les
sacs et ressacs irriguent de fraîche poésie l’oeuvre entière. Un bouton de mimosa par-ci,
monture pour une petite virée par Mazouna, ville des ancêtres de l’auteur, une mosquée à
Diar El Mahcoul et sa mosaïque bleue et or, sont des escales parmi tant d’autres qui
parsèment les lignes de cette ode à cette ville dont la chaleur vient autant du soleil que des
coeurs des Algérois.
Une des habitudes de tout critique est de choisir un ou deux paragraphes pour illustrer le
style de l’autrice. L’autrice de La ville aux yeux d’or nous facilite la tâche mais en même
temps la rend impossible. La facilité réside dans la foison de passages à glaner, non
seulement dans le livre en entier, mais dans chaque page. Quant à la difficulté, elle tient
dans le fait que le seul choix qui s’impose est de recopier tout le livre. Alors, pour régler ce
dilemme, il ne reste plus qu’à remettre la sélection à la décision du lecteur, tout
simplement
Description
36p. ; 30cm(+CD-Rom)
Keywords
La ville d'Alger, Keltoum Staali, Littérature, Civilisation
Citation
Littérature et Civilisation