DE L'INTEGRATION PAR L'ALCOOL A LA MARGINALISATION PAR L'IVRESSE
| dc.contributor.author | MENIAI, Nasser | |
| dc.date.accessioned | 2023-05-30T12:46:15Z | |
| dc.date.available | 2023-05-30T12:46:15Z | |
| dc.date.issued | 1992 | |
| dc.description.abstract | Pour conclure ce travail, 17 nous semble important de faire appel à la notion d'acculturation. Ce terme d'acculturation est source d'ambigulté car i l regroupe deux sens distincts : . Le premier sens, a son origine dans la psychologie sociale française et désigne le processus d'apprentissage et de "socialisation". . Le deuxième sens doit son origine à antriroputuere ametruallie et concerne l'étude des processus qui se produisent lorsque deux cultures se trouvent en contact, agissent et réagissent l'une dans l'autre. professeur SENSMAIL parie de "télestimagen entre deux cultures. Y. PELICIER (55) distingue :- L'acculturation primaire qui est l'accession d'un être à la culture de son groupe par le biais d'institutions familiales, éducatives et sociales ; - L'acculturation secondaire qui serait I eilJeMU e l iJIUUCJbUJ par lesquels l'individu adopte plus ou moins complètement la culture d'un groupe d'accueil : cette acculturation implique un deuil plus ou moins partiel des valeurs culturelles antérieurement acquises en !ilCÎl%C temps qu'un effôrt d'adaption aux valeurs nouvelles. Dans la situation de migration, l'acculturation peut être à l'origine de difficultés d'expression psychiatrique (démission, agressivité etc.). C'est ce second sens qui nous intéresse et que nous retiendrons pour notre réflexion. En effet, l'analyse des dix-huit patients observés nous amène à déduire que l'alcoolisation est un signe pathognomonique du processus d'acculturation et représente l'aspect le plus négatif de celui-ci. Comme nous l'avons d€jà signal€, boire de l'alcool est un trait culturel remarquable, dans la société occidentale. Il a une valeur de convivialité , d'appartenance au groupe et même sacré dans l'Eucharistie. La tentation de consommer de l'alcool est permanente et toutes les occasions sont bonnes pour se retrouver un verre à la main. `II On est dans un monde ganê lequel les débits de boissons innondent les marchés, où la publicité pour les spiritueux s'étale sur les murs, diffusée sur les ondes et dans la presse, même si, en ce t, celle-ci est en voie de réglementation et objet de nombreux débats animés. Dans 7a culture d'origine musulmane, boire de l'alcool est un signe de marginalisation. 17 est interdit et celui qui transgresse ce commandement sera rejeté de la "Omma" (communauté musulmane) et perdra ses droits civiques. On peut donc dire que l'alcoolisation est vécue par nos patients comme un geste d'intégration à 7a communauté frans.at.= et en même temps, une coupure avec la communauté d'origine. Du fait de l'acculturation, l'excès devient alors pathologique, marginalisant avec ,'jet des deux communautés. Boire du vin, c'est aussi une façon de vivre la douleur du deuil tout ce qu'ils ont laissé de "l'autre côté". Le deuil de leur origine, de leur univers socio-culturel, de leur terre natale, qui sont aussi, en quelque sorte, des objets de jouissance si l'éventuel retour pouvait un jour se produire. Cependant, "l'exil est un voyage qui ne sait pas trouver son retour", (60). C'est le deuil qui fait le lit de leur dépression que le willisb prend souvent en charge dans les pabberdwb à l'acte, dans les conduites d'évasion et de repli et parfois, dans la projection c.:cillante avec alcoolisation, leur évitant de tomber dans la plus grave ueb dépressions mélancoliques. Par les troubles du comportement avec as,=bsivité ou somatisation, ils demandent à faire reconnaître leur souffrance que seul leur corps endure et authentifie, n'ayant trouvé personne pour le faire. Si nous revenons t-nos patients, nous isolerons deux autres éléments pathogènes : la dévalorisation et l'isol m ut qui peuvent jouer un rôle déterminant dans toutes les rechutes dépressives. 1 - La dévalorisation . si la famille existe, elle est avant tout liée à celle-ci. Deux situations sont à l'origine des.Conflits familiaux : la dévalorisation, celle due à la femme et celle due aux enfants. erl effet, LUIIIIIIC flous le savons tous, la femme du mielaut évolue souvent lus pviLe. Elle est en contact quotidien avec les enfants scolarisés, va au marché, leuuuutre d'autre femme CL donc, a davantage d'ouvertures que son mari cantonné durant la journée à des travaux manuels, souvent durs et généralement en compagnie d'autres étrangers ou d'hommes de son origine. Pour les enfànts, il se pa be le même chose-: ils vont à l'école, côtoient leurs professeurs et leurs éducateurs. Lors de icut.untres sportives, de séjours en colonie de Vat.anue, ils rencontrent d'autres enfants. Ces activités les conduisent à une intégration plus rapide dans la wuiété française. Ils sont plus instruits que leur père souvent Métré, de qui, ils n'admettent plus, ni conseils, ni diktats patriarche. Ils ont d'autant plus honte de la conduite de leur père, que certain leur tepluLnenL de les avoir mis en conflit avec leur communauté d'origine. Cette évolution aboutit à un mouvement dé bascule . s_ • s s_ dans tee tapputLe conjugaux. Ces mamie , d n (t a IL ee mabunteLee -trait culturel normalisant en Algérie- perdent leur pouvoir de mari patriarche ptutiL ue tout lemme. Ce renvti JCfl,eiit. Ut statut dans ce pays pour lequel ils ont combattu et qui donne beaucoup de droits aux femmes notamment le droit de divorce (L 2etam ne Pte 7L la t pautaLtun que par Phouma), est vécu avec la plus grande déception et 7a pire dévalorisation (patients n° 1 et 7). Un de nos patients nous dit que un pays de 2 voulant dire, pays pour les lemmes. UCLLCe. -si - deuneanue uu lute uu mati CL du pere, si 7111,OO,LanLe uariS I ILICIIL I LC personnelle et collective arabo-berbère, est source de dévalorisation, u angoisse et. souvent u une exacerbation ces uunuutLee eLnyttquee. L'observation du patient n° 17, illustre clairement cette situation. Le père qui s'affirme athée, ne pratique pas la religion musulmane "boit du vin, c y du purc., fait t. les $a femme lui reproche son alcoolisme, certains de ses enfants 7u1 reprochent sa trahison envers la religion musulmane. Munaccal G. replutdie a sa femme de prendre le devant, nous dit : "avant, elle était Lainfilit Lut / ',autan, maintenant, c'est un taureau". Elle prend l'initiative de taite tuut, sous lui demander le muluute avis, elle ptenu la uttettete aJs .7 n7--s JI. de ses enfants quanti 7is u 'su , CCL Lira U UIfC yI UJJCJJc illégitime dé l'une de ses filles qu'il se met en colère, gifle sa fille, bouscule sa femme. Les gendarmes avertis, arrivent et 17 se retrouve -s a l'hôpital' psychiatrique. Il calme, dis ne pas être "malade", accepte de rester pour "détendre" le climat familial. Nous voyons bien ici comment 7e service social intervient dans l'intimité de ces personnes -immixtion dont ils n'ont pas l'habitude- et désigne le pères, véritable garant de la loi, comme "déviant" lors de cette querelle familiale des plus ordinaires. Son rôle lui est ainsi confisqué par 7a société à laquelle 17 s'est toujours efforcé de s'intégrer. Il est certain qu'aucun de nos patients n'a la force ou 7e souhait d'envisager son avenir en France. Cette dévalorisation se situe aussi au niveau du statut social qui leur a ét€ confié dés leur arrivée, souvent celui de manoeuvre, assimilés aux immigrés économiques ou â des collaborateurs, situation très mal vécue, alors qu'en Algérie ils bénéficiaient d'un statut plus valorisant. ti 2- L'isolement est aussi affectif et social : malgré la nationalité française, 17 leur est difficile de trouver du travail dans un pays ébranlé par la crise économique, la présence d'une main d'oeuvre abondante et plus jeune. L'isolement est enfin culturel : ainsi, nos patients sont restés bloqués en suspens. Ils sont constamment écartelés entre la nécessité de changer de pratiques culturelles et celle de rester fidèles à leur culture d'origine -base de leur narcissisme originel-. S'ils tentent de se rapprocher de leur culture, elle les repousse ; par contre, s'ils tentent de s'en éloigner de trop, elle crie et les appelle au traltre. S'ils s'identifient à 7a culture européenne, ils ne peuvent y accéder que rarement et difficilement. Il est à remarquer que l'investissement dans le travail semble compenser le manque affectif et aboutit à une certaine reLat la au ce sociale et surtout familiale. Les décompensations dépressives et alcooliques ont souvent lieu lors des arrêts de travail, au moment où ils se sentent à nouveau isolés. Pour certains patients tels les n° 4, 9, 13, c'est le bénéfice du statut social de malade ou d'invalide reconnu qui constitue la base d'une accalmie de l'éthylisme et de la dépression. Pour clore ce travail, nous rappellerons brièvement que la population Harkis, restée en Algérie après le départ des français d'origine européenne, n'ont pas été l'objet d'exécutions sommaires, de la part d'Algériens contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent. Ceux qui, par 7eur initiative, ont exécuté certains harkis, pour régler des—comptes personnels, ont été jugés par l'Etat. A ma connaissance, le gouvernement du F.L.N. n'a pas donné de directive a l'égard des harkis. Leurs enfants ont été scolarisés et ont eu les mêmes droits et devoirs que les autres enfants du peuple algérien. Actuellement on en parle plus. Il n'existe pas de problématique harkis. Ces derniers restent très discrets et ne se présentent jamais comme tels. Pouvons-nous alors nous demander si cette lutte dans la souffrance dépressive et pour l'adaptation, n'est pas une manière de payer la dette de leur origine ? | en |
| dc.identifier.other | TH/M122 | |
| dc.identifier.uri | https://dspace.ummto.dz/handle/ummto/21817 | |
| dc.language.iso | fr | en |
| dc.publisher | Université Mouloud MAMMERI FACULTE DE MEDECINE TIZI-OUZOU | en |
| dc.subject | ALCOOL | en |
| dc.subject | IVRESSE | en |
| dc.title | DE L'INTEGRATION PAR L'ALCOOL A LA MARGINALISATION PAR L'IVRESSE | en |
| dc.type | Thesis | en |