Liquides pleuraux : bactériologie et résistance aux antibiotiques, étude au CHU Tizi-Ouzou, hôpital Sidi-Belloua
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Date
2025-07-14
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Publisher
Université Mouloud Mammeri TIZI OUZOU Faculté de Medecine Département de Pharmacie
Abstract
Introduction : L'infection pleurale demeure un problème clinique majeur, associé à une
morbidité et une mortalité élevées dans le monde entier, malgré les progrès diagnostiques et
thérapeutiques. L’objectif de notre étude est d’étudier le profil cytobactériologique des
épanchements pleuraux et d’évaluer la résistance aux antibiotiques des bactéries isolées.
Matériel et méthode : Nous avons mené une étude rétrospective et prospective sur une série
de 589 prélèvements pleuraux, réalisée au laboratoire de microbiologie du CHU de Tizi-Ouzou,
unité Sidi-Belloua, sur une période globale de deux ans et trois mois. La partie rétrospective
s’étend du 1er janvier 2023 au 1er janvier 2025, tandis que la partie prospective couvre une
période de trois mois, du 1er janvier 2025 au 1er avril 2025. Les données rétrospectives ont été
recueillies à partir des registres internes du laboratoire. En revanche, durant la phase
prospective, un suivi direct des prélèvements a été assuré depuis leur réception jusqu’à
l’obtention des résultats. Chaque échantillon a fait l’objet d’un examen macroscopique,
microscopique, et d’une culture sur milieux enrichis et sélectifs. L’identification bactérienne a
été réalisée à l’aide de tests d’orientation et des galeries biochimiques (API). La résistance aux
antibiotiques a été évaluée par la méthode de diffusion des disques, selon les recommandations
du CLSI 2020.
Résultats : Sur un total de 589 prélèvements pleuraux analysés, 4,9 % ont montré une
croissance bactérienne. L’infection concernait majoritairement des patients de sexe masculin
(69 %, ratio H/F = 2,2), et adultes (100 %). La majorité des prélèvements positifs provenaient
du service de pneumologie (75,9 %) et présentaient un aspect purulent dans 44,83 % des cas,
avec une prédominance de polynucléaires neutrophiles (86,20 %). Les bactéries les plus
fréquemment isolées étaient des bacilles à Gram négatif (BGN), représentant 70,96 % des cas,
dominés par Pseudomonas aeruginosa (23 %), suivi de Pseudomonas oryzihabitans et
Klebsiella pneumoniae (6,5 % chacun). Les Cocci à Gram positif (CGP) ont été retrouvés dans
29,03 % des cas, principalement des streptocoques (22,6 %). Pseudomonas aeruginosa a
montré une forte résistance à la ticarcilline, au ticarcilline–acide clavulanique, à l’imipénème.
Pseudomonas oryzihabitans s’est révélée résistante à l’imipénème, à la céftazidime, à la
lévofloxacine, à la ciprofloxacine et à la gentamicine. Klebsiella pneumoniae a démontré une
multirésistance marquée, incluant la céfotaxime, la céfazoline, l’amoxicilline-acide
clavulanique, la ciprofloxacine, la gentamicine, et le triméthoprime-sulfaméthoxazole. Enfin,
Streptococcus spp a marqué une résistance à la clindamycine, à l’érythromycine, à la
pristinamycine, à la pénicilline, à la céfotaxime et à la rifampicine.
Conclusion : Afin de limiter l’émergence et la propagation des bactéries multi-résistantes, il est essentiel
de respecter les protocoles d’hygiène hospitalière, d’améliorer la surveillance microbiologique et
d’utiliser rationnellement les antibiotiques. Des recherches complémentaires restent nécessaires pour
adapter la prise en charge aux contextes locaux.
Description
Keywords
Infection pleurale, Liquide pleural, Épanchement pleural, Infection pleurale : Profil bactériologique, Multirésistance bactérienne, Infection pleurale : Résistance : antibiotique