L'énigme berbère, étude linguistique et stylistique

dc.contributor.authorTabti, Rabah
dc.date.accessioned2022-07-12T08:51:27Z
dc.date.available2022-07-12T08:51:27Z
dc.date.issued2019
dc.description441f. ; 30cm. + CD Romen
dc.description.abstractNotre thèse a pour objet l’étude de l’énigme kabyle, un genre littéraire traditionnel connu mais qui a bénéficié, ces dernières années de quelques recueils mais qui n’a pas encore fait l’objet d’études systématiques. Il s'agit d'une recherche portant sur la littérature orale berbère qui, depuis quelques décennies est l’objet d’analyses multiples, en vue de déterminer ses genres, d’analyser son mode de fonctionnement. Les moyens d’approche sont multiples : linguistiques, stylistiques, morphosyntaxiques, sociologiques et thématiques. Si, en effet, nous voulons avant tout faire l’approche d’un genre populaire encore vivant en Kabylie, nous voulons aussi le préserver car il ne cesse de se déperdre. Les premières études portant sur les devinettes dans le domaine berbère se sont intéressées aux travaux de recueils des données attestées dans plusieurs territoires des dialectes berbères. Nous pouvons citer les corpus répertoriés par Bensedira (1887) et Genevois (1963) en Kabylie, Bynon (1966) au Maroc et ceux de Bentolila (1987)regroupant plusieurs dialectes. L’étude de la structure linguistique des devinettes est le parent pauvre des études berbères. Les seules études consacrées au code linguistique n’étaient pas dédiées entièrement à la structure syntaxique bien au contraire elles se sont intéressées beaucoup plus aux aspects esthétiques. Nous pouvons citer entre autres, les travaux de Boukhris& El Moudjahid (2005), d’Azdoud (1995) et de Lacoste-Dujardin(1995). Par ailleurs, à notre connaissance, la seule étude consacrée systématiquement aux caractéristiques syntaxiques des devinettes en berbère est celle d’Amaoui (2012). Partant de l’analyse du corpus recueillis dans Bentolila, l’auteur a pu dégager quelques types de caractéristiques syntaxiques qui prédominent le corpus analysé. Il s’agit notamment, de la coordination par juxtaposition avec ses différentes variantes, de l’ellipse et de la thématisation. Dans cet ordre d’idées, il y a lieu, de citer le travail de Mayouf (2017) portant sur l’analyse linguistique des devinettes kabyles, ainsi que celui deBellache (2011) portant aussi, sur une étude typologique d’un corpus d’énigmes-devinettes kabyles. Ainsi, notre analyse portera essentiellement sur le volet linguistique et abordera la syntaxe de l’énigme, sa signification et sa thématique mais elle touchera à sa variation en mettant en exergue son rôle comme patrimoine immatériel d’un territoire. Ainsi, nous avons opté de travailler sur six territoires de Kabylie (Ait Koufi, Ait Mendès, Assi Youcef, Ait Menguellet, Ait Waghlis et Ouzellaguen) choisis en fonction de leur dispersion géographique et de la disponibilité des corpus. Pour répondre à notre problématique, nous émettons les hypothèses selon lesquelles l’énigme resterait un exercice très pratiqué en kabyle ainsi qu’en témoignent les nombreux corpus relevés dans toute la Kabylie, et qui portent toutes sur les mêmes thèmes (nature, flore de la Kabylie, mœurs et coutumes, morale…). Ainsi, elles utiliseraient les mêmes ressources linguistiques : structure métrique, les rimes, les assonances, les tournures syntaxiques différentes des structures de la prose, un lexique particulier et investissent les mêmes procédés sémantiques : métaphores, comparaison, symbole, paradoxe, etc. Aussi, les énigmes auraient une fonction sociale d’apprentissage pour l’enfant comme elles jouent un rôle prépondérant dans la définition d’un territoire en mettant en exergues ses particularités onomastiques, culturelles et linguistiques. Pour mener à bien notre recherche, dans l’analyse des structures morphologiques et syntaxiques, notre démarche se limite à une analyse linguistique classique qui se limite au niveau phrastique pour analyser les données de notre corpus. Il s’agit de montrer les caractéristiques syntaxiques des structures en usage dans la devinette, et ce dans l’objectif d’établir des critères syntaxiques qui permettent de définir le genre des devinettes en kabyle. Pour ce faire, nous ferons appel aux études berbérisantes, nous reprendrons la terminologie de la syntaxe des différentes catégories syntaxiques utilisées dans les différentes structures syntaxiques de la phrase en berbère (kabyle) adoptées par Chaker (1983) et Bentolila (1981), auteurs qui s’inscrivent principalement dans l’approche fonctionnaliste de Martinet. Concernant le niveau sémantique nous avons fait appel aux travaux de Lehmann et Martin-Berthet (2008) qui s’inscrit dans le domaine de la lexicologie. Quant à la démarche comparative, nous nous inspirons de la démarche de Galand (2001) « Plaidoyer pour la comparaison » en mettant en exergue le rôle de la comparaison dans la description linguistique. Pour nous permettre d’analyser en profondeur les différentes structures linguistiques des énigmes et leur degré d’attestation, nous avons adopté la méthode quantitative et qualitative. Ainsi, les données statistiques des différentes structures attestées nous permettent de mettre en exergue l’identité linguistique des énigmes en kabyle en général et dans chaque territoire en particulier. Ainsi, notre corpus est recueilli dans les six territoires suivants : la tribu des Ait Kouffi, (380 devinettes en sus de 28 pour enfants)recueil de terrain, la tribu des Ait Mendes, (400 devinettes) ouvrage, la tribu des Assi-Youcef (141devinettes) ouvrage, la tribu des Ait Menguellet (350 devinettes) ouvrage, la tribu des Ait Waghlis(135 devinettes) ouvrage et la tribu des Ouzellaguen(692 devinettes) ouvrage. Nous avons structuré notre travail en deux parties principales : La première partie, intitulée « Aperçu sur le genre des énigmes et les territoires des données analysées » est composée de trois chapitres : Le premier chapitre est consacré à la description de l’énigme comme genre oral dans la littérature kabyle et berbère. Le deuxième chapitre aborde quelques perspectives théoriques portant sur l’énigme comme genre de discours. Quant au troisième chapitre, il présentera le cadre géographique des régions dont sont issus les corpus objet d’étude de cette thèse : cadre géographique, historique, tribus, territoires, parlers et social. La seconde partie, intitulée« Analyse linguistiques et signification des données recueillies » est composé également de trois chapitres principaux : Le quatrième chapitre est réservé à l’analyse des structures linguistiques de l’énigme. Le cinquième chapitre est consacré à l’analyse des données du corpus dans la perspective de mettre en exergue les thématiques de l’énigme, les particularités du lexique employé et ses différentes significations. Quant au sixième et dernier chapitre, il est réservé à l’analyse des niveaux de variation des données des territoires étudiés en mettant en valeur les données onomastiques et le langage enfantin. Notre choix en faveur de l’analyse des caractéristiques linguistiques en Kabylie et les caractéristiques linguistiques qui mettent en exergue la variation de chacun des six territoires étudiés, nous a permis de cerner quelques traits linguistiques définissant l’énigme kabyle. Ainsi, nous avons tenté de cerner l’énigme dans le vaste territoire qui constitue la Kabylie. Qu’il s’agisse de la Haute Kabylie ou de la Basse Kabylie, de Bouira ou d’autres contrées de l’Algérie, où le kabyle est employé (Sétif, Boumerdès, Alger…) ; l’énigme présente des formes analogues, utilise les mêmes procédés de rhétorique pour véhiculer la signification : comparaison, divers types de métaphores, métonymie, etc. Nous avons commencé par réunir un corpus de plusieurs énigmes, certaines collectées par nous-mêmes, d’autres (en fait une grande partie), prises dans des ouvrages divers (Genevois, Allioui, Haddadou, Khalfa, Attab et Amrane). Si nous avons varié nos sources, c’est pour dégager une image de l’énigme kabyle. Il fallait d’abord étudier ce qui faisait la différence d’une région à une autre, en relevant les différences dans le lexique, les thèmes abordés, les procédés stylistiques. Ainsi, nous avons remarqué et relevé que les variations sur les mots ne constituent pas des changements majeurs, puisque le sens reste le même. Nous avons aussi relevé que des mots-clefs de l’énigme varient sans toutefois changer le sens de l’énigme. Signalons au passage, que l’emploi de certains mots peut correspondre à une variation régionale. Tout comme par ailleurs, la variation dans les prépositions n’affecte pas le sens. Cependant, sur tous les recueils d’énigmes, seule une dizaine de devinettes, ont des réponses variées. Toujours est-il que les variations dans le lexique comme dans les réponses, ne constituent pas un handicap important. Au fait, des particularités dialectales peuvent apparaitre dans la sélection des termes, mais les énigmes sont déchiffrables d’un coin de la Kabylie à un autre. C’est dire l’unité de ce genre dans toute la Kabylie. C’est ainsi que l’on retrouve, les mêmes référents culturels, les mêmes images qui font à la fois la particularité de l’énigme et son charme. Nous avons constaté que l’énigme kabyle se caractérise encore par l’utilisation des mêmes procédés linguistiques. Ainsi, au plan phonique, presque toutes les énigmes du corpus sont des bouts rimés. On sait que la rime est l’une des principales marques de la poésie traditionnelle kabyle, mais cette caractéristique n’est pas le seul fait de l’énigme. En effet, beaucoup de proverbes, de dictons ou autres expressions idiomatiques sont des bouts rimés. Au plan syntaxique, beaucoup d’énigmes ont des structures ordinaires, voir même sont des phrases simples. Cependant, on relève aussi des phrases complexes, des phrases elliptiques, etc. Ici aussi, on remarque que les moyens utilisés se retrouvent dans toutes les énigmes. Mais là où la ressemblance est frappante, c’est dans les procédés rhétoriques investis. L’énigme est avant tout une définition : mais contrairement à la définition du dictionnaire dont la fonction est d’éclairer le sens d’un mot, l’énigme à contrario, donne la définition (brouillée) du mot qu’il s’agit de trouver. L’énigme kabyle utilise une abondance de métaphores et de métonymies, ce qui a pour effet de brouiller encore plus le sens de l’énigme. La métaphore, est en fait une comparaison, mais c’est toujours une comparaison sous-entendue, l’élément comparé (n’étant pas présent), et l’outil de la comparaison étant effacé. La métonymie emploie un terme pour désigner un autre auquel il est lié par un rapport d’appartenance ou de contiguïté. Quand on entend une énigme, on est toujours frappé par le caractère arbitraire des associations que l’on établit entre les objets. Mais il suffit d’étudier les rapports entre les mots pour découvrir des motivations entre eux. Des similitudes de forme, de couleur, de fonction se retrouvent, et dès que l’on découvre ces similitudes, on saisit le sens de l’association. Autre caractéristique de l’énigme kabyle : le paradoxe. Ainsi, les incompatibilités entre les mots de l’énigme et la réponse sont telles qu’on aboutit à des associations qui vont à l’encontre des opinions admises. Ceci dit, l’énigme kabyle recèle d’autres caractéristiques telles que celles mettant en valeurs les données onomastiques et le langage enfantin sans pour autant oublier ses aspects pédagogiques. Au terme de ce travail, nous pouvons dire que, d’un coin de la Kabylie à un autre, on retrouve les mêmes énigmes, avec les mêmes procédés linguistiques et rhétoriques. On ne manquera pas de souligner, l’unité du genre mais aussi la relation étroite qui s’établit entre la langue et les détails culturels de chaque territoire qui sont mis en exergue par des traits linguistiques et culturels comme faits locaux. C’est dire que l’énigme est un puissant agent de socialisation, d’identification culturelle entre les membres d’une même communauté linguistique, tout comme, au vu de ses divers aspects pédagogiques, c’est aussi un agent d’éducation et d’instruction. Par ailleurs, les résultats de cette recherche se limitent à notre corpus ; d’autres analyses couvrant plusieurs territoires avec de nouveaux cadrages théoriques et méthodologiques peuvent dégager d’autres véritables caractéristiques définitoires de l’énigme en tant que genre du discours autonome d’une part et en tant que marqueur d’un territoire d’autre part. Enfin ; et, en ce qui nous concerne, ce sont toutes ces caractéristiques de l’énigme Kabyle ci-dessus énumérées qui nous ont poussé à entamer deux nouveaux chantiers aussi importants l’un que l’autre, à savoir : faire l’anthologie des devinettes berbères et Kabyles, et réaliser un grand dictionnaire Kabyle des énigmes et devinettes.en
dc.identifier.citationLinguistiqueen
dc.identifier.urihttps://dspace.ummto.dz/handle/ummto/17948
dc.language.isofren
dc.publisherUniversite Mouloud MAMMERI Tizi-Ouzouen
dc.subjectStylistiqueen
dc.subjectArt d'écrireen
dc.subjectL'énigme bérbèreen
dc.subjectL'inguistique : étudeen
dc.titleL'énigme berbère, étude linguistique et stylistiqueen
dc.typeThesisen

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