ETUDES DES RELATIONS PUCES ET BACTERIES EN ZONE MEDITERRANEENNE ET TROPICALE: EPIDEMIOLOGIE MOLECULAIRE ET MODELES EXPERIMENTAUX
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Date
2013-01-14
Authors
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Publisher
Université Mouloud MAMMERI FACULTE DE MEDECINE TIZI-OUZOU
Abstract
Les résultats de nos différentes études sur la distribution des puces
infectées par les rickettsies et Bartonella ont apporté des données
épidémiologiques nouvelles et permis de compléter le répertoire
Lenau des bactéries transmises par les puces. Nous avons rapporté la
première détection moléculaire de B. alsatica sur des puces recueillies
sur des lapins du Sud de la France avec deux nouvelles sondes
spécifiques (hsp60 et gyrB gènes) par qPCR. En outre, nous avons
détecté pour la première fois B. clarridgeiae sur les puces de chat de
l'île de Tahiti. Grâce aussi aux enquêtes menées sur le terrain dans les
deux régions du Sud-Est asiatique, nous avons détecté R. fells avec
des taux d'infection três élevés dans des puces au Laos (76,6%) et à
Bornéo (74,4%), et confirmé la présence de B. clarridgelae. Par
ailleurs, une nouvelle espèce de Rickettsia du groupe des fièvres
boutonneuses a été détectée dans deux Roophilus spp., tiques
collectées sur une vache au Laos. Nous rapportons également un taux
d'infection très élevé à R. felis (95,5%) sur des puces de hérissons en
Algérie. Ce résultat a confirmé un travail précédemment publié où
nous avons, en plus de la détection R. fells, décrit une nouvelle puce
(X cheopis) porteuse de cette bactérie ; de même nous avons détecté
pour la première fois R. typhi dans des puces d'Algérie. Nos résultats
permettront de sensibiliser les autorités sanitaires et les médecins des
pays concernés de la présence des rickettsies et des Bartonella afin de
rechercher (et traiter) les patients exposés aux puces ou présentant des
signes évocateurs de rickettsioses ou bartonelloses
Les puces sont actuellement relativement peu étudiées et leurs
spécialistes restent peu nombreux. Par conséquence, l'expertise en
systématique et en éco-épidémiologie des maladies transmises risque
de disparaître [3]. Yersinia pestis biovar orientes, responsable de la
dernière pandémie de peste, a été détectée sur des rongeurs capturés
dans une région intérieure d'Algérie (article 8 ; Annexes), ce qui
montre que le risque d'une nouvelle épidémie est toujours réel surtout
en cas de relâchement de la surveillance des zones à risque. Ceci
montre aussi l'intérêt des prospections entomologiques et
mammalogiques pour la recherche d'autres espèces de bactéries sur
les puces des rives Méditerranéennes et dans les régions tropicales.
L'existence de ces agents pathogènes sur des puces voire d'autres
arthropodes incite au renforcement de la surveillance par le contrôle
des arthropodes et de leurs hôtes. Des démarches scientifiques de
collaboration entre le Sud et le Nord permettent une meilleure lutte
contre les maladies infectieuses, notamment le transfert de
technologie.
Notre deuxième partie sur l'étude d'interaction des bactéries et les
puces a nécessité la mise en place d'un protocole d'élevage des puces
C. j'es. Cette dernière est connue pour la transmission de plusieurs
pathogènes et pour sa proximité de l'homme en rapport aux réservoirs
d'animaux domestiques, chats et chiens. Nous avons pu mettre en
place un élevage sur membrane artificielle des adultes de cette espèce
sur plusieurs générations depuis Avril 2010. De plus, nous avons pu
faire adapter les puces au sang humain in vitro afin d'expérimenter les
pathogènes transmis à l'homme. Une collaboration avec l'Université
de Bristol, Ecole des Sciences Vétérinaires Cliniques, Royaume-Uni,
pour une étude de comparaison a été réalisée sur différents régimes de
sang animal et humain avec différents anti-coagulants donnés par
membrane artificielle aux puces d'une part et des puces directement
déposées sur l'hôte (souris). Cette comparaison nous a permis de
déterminer le meilleur sex-ratio, le type de régime sanguin et
anticoagulant adéquat. Avant d'entamer la partie des
expérimentations, nous avons étudié le problème du confinement des
puces infectées. Pouf:cela nous avons utilisé une boîte à gants avec
sas. Ainsi les expérimentations sont sous enceinte sécurisée. Les
résultats des infections de nos puces par B. quintana sont au stade
préliminaire mais montrent un pouvoir d'acquisition de cette bactérie
par les puces C. felis.
Au vu des premiers résultats obtenus avec ces infections, nous avons
choisi de nous intéresser dans la suite de nos travaux à la transmission
verticale par les puces infectées à la descendance, et la transmission
horizontale par contact avec une puce infectée ou par action de la
promiscuité lors du repas sanguin (Co-feeding). Par la suite, nous
expérimenterons le pouvoir de transmission de cette bactérie sur hôte
(souris) pour l'étude de la maladie et des réponses immunitaires.
Enfin, nous tenterons aussi de voir si les B. quintana, mises en
évidence par qPCR_, sont toujours vivantes par la mise en culture ou
par la recherche d'ARNm de ces bactéries. Nous avons remarqué lors
des premiers jours de culture des fèces, des contaminations par
d'autres flores bactériennes. Afin d'éviter ces contaminations, nous
allons filtrer la solution de selles par filtre 0,45µm, les Bartonella
ayant une taille très petite passeront. Nous mettrons par la suite cette
solution filtrée en culture. Ces résultats ou perspectives devraient être
confirmés prochainement par de nouvelles expérimentations.
Description
Keywords
PUCE, BACTERIE, ÉPIDÉMIOLOGIE MOLÉCULAIRE