Etude linguistique et stylistique des berceuses et sauteuses de la région de Boghni « village des Hassnaouen commune de Mechtras et village des Ait kouffi »
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Date
2018-11
Authors
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Publisher
UMMTO
Abstract
Ainsi que son intitulé l’indique, ce mémoire de master a pour objet l’étude linguistique et
stylistique des sauteuses et des berceuses Kabyles (Azuzen d’Userqes), un genre littéraire
traditionnel qui n’a pas encore fait l’objet d’études systématiques. Ce genre porte sur la
littérature orale. Les moyens d’approche de cette étude sont multiples : linguistiques,
stylistiques, sociologiques et thématiques. Si, en effet, nous voulons avant tout faire
l’approche d’un genre populaire encore vivant en Kabylie, nous voulons aussi le préserver
car il ne cesse de se déperdre.
Pour une meilleure compréhension de notre travail, nous avons introduit le lecteur aux genres
poétiques Kabyles à savoir : azuzen, aserqes, acewiq, aḥiḥa, amaɛzber, asbuɣer, acekker,
tuqna n lḥenni, adekker et urar.
Depuis les formes diverses de la littérature orale Kabyle jusqu’aux divers genres de la poésie
féminine Kabyle nous avons tenté de cerner ce que sont les berceuses et les sauteuses. Qu’il
s’agisse des berceuses ou sauteuses du village des Hasnaouen à Mechtras ou celles des Ait-
Kouffi, ces chants exclusivement féminins présentent des formes analogues, utilisent les
mêmes procédés de rhétorique pour véhiculer la signification : comparaison, divers types de
métaphores, métonymie… On a constaté aussi que les formules sont restées les mêmes, les
thématiques identiques et les compositions similaires: toutes tournent autour de la place dont
jouissent les enfants dans la famille et société Kabyles.
Ainsi, au plan phonique, presque tous les chants du corpus sont des bouts rimés.
Au plan lexical, on relève dans l’ensemble du corpus, des les mots usuels traitant du bienfait
du sommeil, du ressourcement, un vocabulaire adapté pour ce type de poésie. Des mots
portant l’espoir tout comme ils dénoncent la soumission. Ces chants deviennent un cana l
d’expressions des femmes Kabyles, décrivant leur condition difficile. Toutefois, si beaucoup
de termes sont empruntés à l’arabe, cela est du fait de l’influence de la foi musulmane qu’ont
embrassé les Kabyles, des termes venant essentiellement du Sain Coran.
Pour conclure, les berceuses et les sauteuses ne sont pas seulement un chant féminin mais ce
sont aussi un mode d’expression. L’étude de ces chants (tout comme celle du proverbe, de la
devinette et du conte d’ailleurs) peut servir de point de départ à des réflexions profondes sur
l’enseignement de la langue maternelle, les institutions traditionnelles, la famille, la place de
la femme, le travail et les tâches quotidiennes, le calendrier agraire, les conceptions sociales,
morales et religieuses
Description
Keywords
Citation
30cm; 98p.